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Comment agrandir la photo ou le dessin ? De Edmund de Serdain (1786-1831) > à Edmund mon père (1912-1994) Jusqu’à présent, l’histoire de la lignée Serdakowski repose sur une série de légendes, peu ou pas du tout documentées, provenant majoritairement des récits incertains de membres âgés du clan entendus dans leurs enfance, et d’une chronique, non documentée, écrite au XIX-ème siècle, probablement par l’ami d’une famille de la lignée. C’est pourquoi, l’histoire des Serdakowski's, que je présente ici, est encore du domaine de la Légende. Mon
père, Edmund, en savait très peu sur l’histoire de sa lignée et probablement ne
s’y intéressait pas beaucoup. Son unique frère, Henryk, me parlait avec une grande
émotion de racines tatars des Serdakowski's, et ce n’est pas de n’importe quelles
racines: selon lui, le clan fut fondé par un aristocrate du khanat de la Crimée
!!! Mais, mon oncle Henryk n’était pas toutefois
en mesure de préciser: ni de quelle famille, ni duquel endroit au khanat venait
notre ancêtre, ni comment * * *
"...
Il y a longtemps, probablement au début du XVII-ème siècle, un impor ... Revenant de la poursuite, les tatars remarquèrent un imposant convoi des lourds chariots, chargés à capacité d’objets de valeur. Le commandant des tatars, qu’ils appelaient Bacha, et son bras droit, nommé Batman, s’approchèrent du plus grand chariot, auquel quatre chevaux étaient attelés et qui ressemblait à un wagon habitable. L’intérieur était aussi rempli d’objets précieux , mais au fond, sur une couche couverte de peaux et de fourrures, reposait inconsciente une jeune femme. Lorsqu’un pan de la couverture du wagon fut soulevé, Bacha et Batman constatèrent que la femme était de la race nordique, qu’elle était très belle et que ses vêtements riches et ses bijoux en or signifiaient quelle appartenait à la haute noblesse de son pays d’origine. Selon toute probabilité c’était une jeune polonaise noble, enlevée par les cosaques pour la rançon, ou pour servir comme épouse à un noble cosaque ou … tatar. Au pied de la couche s’asseyait un jeune garçon, fixant les deux tatars d’un regard apeuré ..." Traduction libre du texte écrit par M. Dowgielskij et publié en russe à Moscou en 1882 * * * "... Non loin du rivage sablonneux de la rivière, où quelques femmes lavaient le linge, plusieurs enfants courraient joyeusement. Parmi eux, il y avait quelques filles, mais la majorité du groupe était composée de garçons. Quelqu’un observant leur jeux aurait immédiatement remarqué un garçonnet d’environs dix ans, qui non seulement était physiquement différent des autres, mais aussi semblait être le leader du groupe. Il était bien plus grand que les autres garçons de son âge et sa tignasse blonde et les traits de son visages indiquaient qu’il était d’origine étrangère ...
... Parmi ... Le pâle visage de la malade se raviva et elle commença à parler : - de sa lointaine patrie nordique, la Pologne; - du baptême qu’elle administra elle-même à son fils au bord de la rivière, en arrosant sa tête et prononçant les mots: "Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit" . La malade expliqua aussi au jeune homme la portée de ces mots et lui montra une chaîne en or accrochée à son cou, sur laquelle pendaient une croix et un médaillon. D’une voix faible, elle lui dit de ne les enlever de son cou qu’après sa mort et de ne jamais oublier qu’il était d’origine polonaise ..." Traduction libre du texte écrit par M. Dowgielskij et publié en russe à Moscou en 1882 * * * "... Le curé sortit de la sacristie et entama en latin: "Deus in Auditorium" . L’orgue suivit et l’église fut remplie de la musique solennelle. Les dames: mère et fille, priaient en silence, le vieux gentilhomme - père de la fille, aussi. Le futur marié, agenouillé, penchait la tête très bas, exprimant ainsi sa soumission profonde au Dieu tout puissant et à la religion de sa mère … … Le Grand Hetman de la Couronne ne vint pas ici par hasard; il apporta à hetman Osman Stępowski un cadeau de mariage de la part du Roi: les lettres de noblesse lui octroyant le titre de prince, et le droit d’utiliser les armes sur lesquelles figurait le croissant entourant trois étoiles … … Le Grand Hetman de la Couronne prit le parchemin de la table, le déploya et lut d’une voix solennelle: - Nous, par la grâce de Dieu le Roi de la Pologne, exprimons nos profonds remerciements à hetman Stępowski pour sa bravoure au service de la Couronne. De plus, en reconnaissance de ses mérites et blessures sur les champs de bataille, nous lui concédons les titres de propriété sur trois mille włók ( une włóka = 16.8 ha ) de terres et le manoir, sis au nord de la Russie Blanche, sur les bas-fonds du fleuve Niemen. Amen … … Ainsi entrait sur ses terres le fondateur de "Stefankowe Siedlisko" , l’homme venu de la steppe lointaine, originalement appelé: Osman, ensuite Osmański et enfin Oszmiański, grâce à la façon particulière d’un scribe officiel d’inscrire dans les livres départementaux les noms de la noblesse locale. Le prince Osman Stępowski est devenu le gentilhomme Oszmiański, grand propriétaire terrien, maître d’un imposant manoir et du bourg Oszmiana ..." Traduction libre du texte écrit par M. Dowgielskij et publié en russe à Moscou en 1882 * * * Quelques générations plus tard, en juin 1866, deux frères jumeaux Oszmiański: Eustachy et Michał se rencontrent par hasard dans leur ancien fief pour remettre en état la tombe familiale des Oszmiański's et Serdakowski's, au cimetière d'Oszmiana, d’où ils étaient chassés par les Russes après l’échec de l’insurrection polonaise de janvier 1863. Les deux frères étaient les fils du marquis Edmund de Serdain, le lieutenant de la grande Armée de Napoléon Bonaparte, et de madame Anna-Izabela Oszmiańska, descendante d'Osman, le tatar. Après la défaite contre le général Koutouzov, Napoléon et ses troupes retraitaient péniblement à travers les vastes plaines enneigées, sous les températures souvent inférieurs à trente degrés sous zéro. Dans ces conditions ils durent traverser la rivière Bérésina, où les attendaient les Russes. La traversée fut le carnage monstrueux des restes de la Grande Armée française. Le lieutenant Edmund de Serdain, sérieusement blessé lors de la traversée, se traîna encore durant quelques dizaines de kilomètres, mais sentant ses forces l’abandonner, se dirigea vers le manoir d’Oszmiana, situé seulement quelques kilomètres au sud du chemin du retour de traînards napoléoniens. Complètement épuisé, il arriva sur le perron du manoir et frappa à la porte. Lorsque celle-ci s’ouvrit, il balbutia trois mots et s’écroula inconscient. Traduction libre du texte écrit par M. Dowgielskij et publié en russe à Moscou en 1882 * * * Durant sa convalescence, à l’abris des oreilles indiscrètes, le marquis Edmund de Serdain racontait la fin de la campagne de Russie, à laquelle il a pris part. La famille Oszmiański écoutait attentivement, mais avec la tristesse grandissante, la fin du grand rêve des polonais de voir leur grand ennemi, la Russie tzariste, vaincu par la Grande Armée de "l’Espoir" de la nation polonaise, l’Empereur Napoléon Bonaparte.
l’Emper
"... Il
neigeait. On était vaincu par sa conquête. Pour la première fois l’aigle bais D’après "Les Châtiments" de Victor Hugo. * * *
"...
Cinquante mille hommes se précipitent à la fois vers les ponts;
d’énormes convois de lourdes voitures et de canons, roulant de la berge déclive,
broyant les piétons, s’entrechoquant, se renversant; des troupes de femmes,
affolées de terreur, courant d’un pont à l’autre, poussées à l’eau,
disparaissant avec de grands cris; la lutte effroyable pour la vie, sous la
neige qui tombe, sous le canon des Russes qui creuse de longues traînées de vide
dans cette masse immobilisée;
l’un de pont s’écroule;
la cohue se refoule vers l’autre, que, dans l’infranchissable entassement, les
plus résolus seulement parviennent à atteindre, en esc ... Et stoïquement, dans l’épouvante de ce désarroi, les pontonniers nus, dans l’eau jusqu’aux aisselles, maintiennent les planches fragiles et les consolident sous la ruée éperdue de la déroute, débarrassant le tablier disloqué des cadavres, des chevaux abattus, des charrettes rompues, et trouvant encore la bonne humeur de souhaiter bonne chance aux camarades qu’ils reconnaissent ..." D’après l’historien Lenôtre. * * * "... Au terme de nouvelles et indicibles souffrances, les débris de la Grande Armée parviendront à Wilno, d’où ils serons bientôt délogés et pourchassés jusqu’en Allemagne. La campagne de Russie aura coûté près de quatre cent mille morts. Cet horrible désastre sans précédent, aura en définitive servi, note Jean Tulard, par son ampleur même, la légende de Napoléon; héros malheureux de cet épouvantable tragédie, il fut vaincu par les forces de la nature qu’il avait ignoré, par le froid, la faim, la maladie, la guérilla qui souleva la sainte Russie contre une armée de pillards et de soudards, engloutis dans l’immensité de l’hiver de la grande Russie ..." Du livre "Napoléon" , par Bruno Lagrange, Éditions EDL, 2003. "... C’était un rêve errant dans la brume, un mystère, une procession d’ombres sur le ciel noir. La solitude, vaste, épouvantable à voir, partout apparaissait, muette vengeresse. Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse pour cette immense armée un immense linceul; et chacun se sentant mourir, on était seul. - Sortira-t-on jamais de ce funèbre empire? Des ennemis! Le tsar, le Nord. Le Nord est pire. On jetait les canons pour brûler les affûts. Qui se couchait, mourait. Groupe morne et confus, ils fuyaient; le désert dévorait le cortège ..." D'après "Les Châtiments" de Victor Hugo. * * *
"... À
cause du démantèlement de nôtre domaine par les Russes après l’échec de
l’insurrection de janvier 1863, moi et ma famille nous dûmes nous exiler
jusqu’au lointain Polesie, où un camarade d’études au lycée, qui
s’appelait Waldemar Ziemiński, administrait son domaine familial. Ce camarade
était un fils unique et immédiatement après les études revint chez lui pour
aider son père vieillissant. Je savais tout cela, car nous n’avons jamais perdu
le contact et nos relations étaient très amicales. Lorsque le temps de départ
fut arrivé, j’écris à mon camarade, qui me répondit sur le champs, envoyant même
la carrosse et quelques chariots pour nous faciliter notre déménagement. Comme
tu sais bien, mon cher frère, nous arrivâmes à Polesie avec trois fils:
Ada D’après le chapitre IX du livre écrit par M. Dowgielskij et publié à Moscou en 1882. * * *
Jusqu’à
présent je n’ai pas trouvé beaucoup de témoignages concernant la vie d’Eustachy
Serdakowski et de sa famille dans son nouveau domaine à Otołczyce, je
suppose néanmoins qu’elle n’était pas difficile. Son fils, Jerzy, hérita la part
essentielle de fief familial, même qu’il n’était pas le premier fils d’Eustachy.
Jerzy maria une fille née Korsa "... Le chemin de fer passait tout près des petits bois de pin, entre lesquels se trouvaient "mogiłki", comme on appelait à Polesie les tombes ancestrales. On voyait de très loin les sommets de ces pins centenaires, car la place pour l’éternel repos était toujours choisi sur les monticules sablonneux qui ne risquaient pas d’être inondé par les marécages sans fond qui les entouraient. Chacun de nous, en rentrant à la maison, regardait les "mogiłki", comme s’il voulait saluer le retour chez soi. Lors de départ, on regardait les monticules pour "dire au revoir" à ceux qu’on chérit , et qui nous manquerons durant notre absence ..." Traduction du livre en polonais par Franciszek Wysłołuch : "Na ścieżkach Polesia", paru à Londres en Grande Bretagne, en 1976. * * *
Jerzy
pas
"... Nos
plus proches voisins étaient Serdakowski's. C’est d’ici, de cette colline, sur
laquelle se trouvait jadis l’église, je pouvais voir la place où étaient
autrefois: les "czworaki" - logements d’ouvriers, granges, étables, et plus
loin, le petit manoir. Serdakowski's possédaient
environ quatre cent hectares de terres et forêts, étangs d’éleva ... Je me souvenais aussi, quand tous les dimanches et autres jours saints, les catholiques des environs arrivaient à cette église pour la messe. En été, avant d’entrer, tout le monde s’asseyait par terre et mettait leurs souliers aux pieds ..." * * *
Mon
père, Edmund Serdakowski, fils aîné de Zygmunt, étudia le génie électrique à
Varsovie, à l’École Polytechnique de Wawelberg et Rotwand. En 1936, il maria
ma mère, Maria Szaniawska et abandonnant les études revint à Otołczyce
pour prendre la direction du domaine familial. Son règne ne dura pas longtemps.
En septembre 1939 commença la Grande Guerre et nous dûmes quitter Otołczyce
pour toujours, pour échapper d’une part aux nazis et d’autre aux paysans devenus
hostiles à la suite de la propagande communiste venant de l’Union Soviétique.
Notre domaine se trouvait Aventures de Christophe Haut de page Texte et photographies ©2009 Christophe Serdakowski Dans le but d'améliorer la présentation et le contenu de ce site, je vous demande de bien vouloir m'envoyer un mot de critique, d'appréciation ou d'encouragement. Merci!
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